Vous est-il arrivé de regretter d'avoir sélectionné le petit nero d'Avola du patron, dans une pizzeria interlope, par un soir de déprime pluvieuse ? Je suppose en tous cas que rares sont ceux et celles qui classeraient ce cépage typiquement sicilien parmi leurs favoris. Il traîne en effet une réputation de lourdeur alcooleuse, de tannins rustiques et de fruit surmûri, le tout emballé dans une robe de forte couleur.
Mais (parce qu'il y a évidement un mais) ... il y a Gulfi. Faisons simple: la presse spécialisée considère que ce domaine élabore les meilleurs nero d'Avola de Sicile. Quatre étoiles pour Hugh Johnson. La cuvée Nerojbleo est qualifiée d'iconique: je n'aime pas trop ce mot, mais il a le mérite de la clarté.
Une dégustation à l'aveugle avec un groupe d'amateurs fin mai a confirmé cela avec brio. En tous cas, le meilleur nero d'Avola de ma vie de dégustateur. Et de loin. Reste à goûter leurs cuvées parcellaires, de haut de gamme. Mamma mia ...
Ce vin est à la fois classique et spécifique: il ne ressemble qu'à lui-même tout en étant de bonne compagnie. C'est un vin du Sud qui assume son origine (le sud-est de la Sicile, près de la ville de Vittoria) en virtuose de l'équilibre.
Je vous livre mes notes de dégustation "brutes" telles que notées le 22 mai dernier: "grande élégance, peu de tannins, pas d'alcool (servi bien frais), cerise, classique, finale nette et quasi tranchante, juteux et profond, on en a plein la bouche mais sans excès, éclatant. 17/20".
Géologie argilo-calcaire, altitude: 450 mètres. Elevage en fûts de 225 et 500 litres, pendant un an. Puis un an en bouteilles avant commercialisation.