Le pinot noir et l'Alsace n'ont pas toujours fait bon ménage: il était un temps où on avait le choix entre une version très très légère (qui a dit "creuse" ?) de couleur rosée et un vin plus coloré, avec beaucoup de bois (pour faire "chic") et des tannins ... pas mûrs. Bardaf, c'est l'embardée.
Vous connaissez ma tirade: bouleversement climatique et meilleure formation des vignerons ont changé la donne. L'Alsace, deuxième région du pinot noir en France ? Oui, sans doute, parce que Sancerre doit encore faire sa révolution.
Le cahier des charges de l'Alsace Grand Cru stipule que le pinot noir ne fait pas partie des cépages autorisés. Il y a trois exceptions: le Grand Cru Hengst à Wintzenheim, le GC Kirchberg à Barr et le GC Vorbourg à Rouffach/Westhalten. C'est sans doute provisoire, je pense que d'autres exceptions vont être acceptées dans un futur proche. Parmi les candidats à la promotion du pinot noir: le GC Eichberg à Eguisheim.
Vous me voyez venir: ce pinot noir de Paul Ginglinger s'appelle Les Rocailles, mais est situé à 100% sur le GC Eichberg. Le jour venu, je parie que la mention Grand Cru Eichberg apparaîtra fièrement sur l'étiquette et que Les Rocailles disparaîtra progressivement. Entretemps, ce vin est vendu à un tarif "pas Grand Cru" ... on ne va pas s'en plaindre.
Ce vin au fruité magnifique est néanmoins doté des éléments qui signalent une possible (longue) garde. Encore faut-il lui résister !
